La criée - bande noir

Festival Autres Mesures

Festival Autres Mesures


Concert

Concert

16 janvier 2016 au 16 janvier 2016

Tomoko Sauvage, performance électro-aquatique © tous droits réservés.

Tre soli

Manuel Adnot
Louis-Michel Marion
Tomoko Sauvage

dans le cadre du Festival autres mesures


samedi 16 janvier 2016, 14h-18h
La Criée centre d’art contemporain


Pour sa deuxième édition, le Festival Autres Mesures revient faire sonner les murs de La Criée. Trois interprètes de marque se succèdent pour faire entendre des musiques aux confins du son, quasi rituelles : le guitariste Manuel Adnot, présente son projet Uero Park, composé comme un album de Haïkus.
Le contrebassiste Louis-Michel Marion convoque la figure trop méconnue en France d’Éliane Radigue, pionnière de la musique concrète, à travers son œuvre Occam Océan XIX et une improvisation envoûtante.
Enfin, Tomoko Sauvage donne la voix à l’élément liquide, dont elle joue en virtuose.

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un partenariat La Criée, Le Bon Accueil, Festival autres mesures


Programme _
14h - Ueno Park, par Manuel Adnot
Inspiré par les grands espaces islandais et la quiétude du Ueno Park à Tokyo, Ueno Park est le projet solo du guitariste Manuel Adnot. Dans le prolongement de la recherche initiée pour l’album Dix-mille yeux, il est conçu, de par sa simplicité même (une simple guitare nylon, sans ampli et sans effet, et l’improvisation comme moteur), pour s’inscrire pleinement dans le lieu dans lequel il est joué.

15h - Louis-Michel Marion : Grounds, poème-méditation sur la corde grave (2012) 30’
« Grounds est un continuum fondé sur un travail de variations fines d’une fondamentale fixe, le Si grave, invitant à un voyage à travers toute la gamme des fréquences harmoniques naturelles ou complexes de cette hauteur. De ce fond apparemment statique, matériau brut et condensé, émergent des colorations allant des plus profondes aux plus scintillantes. Le jeu de résonances sympathiques avec les cordes voisines ouvre des champs de résonances et d’interférences diverses qui enrichissent encore le jeu sur les textures sonores, la densité ou l’épaisseur du son. Les effets graduels d’articulation amènent une élasticité temporelle et dynamique qui ravive l’écoute en même temps qu’ils donnent lieu, par la perception des attaques d’archet, à de nouveaux résultats harmoniques... Dans la symbolique musicale le si représente la mort. Peut-on supposer qu’à ce titre, les contrebassistes n’auraient pas osé descendre jusqu’à cette hauteur fatidique et préféré s’arrêter au do ? Le franchissement de ce demi-ton aurait alors une portée moins anodine... voire subversive... »
Dominique Delahoche

Éliane Radigue : Occam Océan XIX pour contrebasse 5 cordes (2014) 25’
Éliane Radigue est une figure majeure de la musique électro-acoustique française.
Depuis une dizaine d’année, elle se consacre à la création de Occam Océan, cycle de pièces instrumentales en relation étroite avec ses interprètes. Occam Océan XIX est le dix-neuvième solo de ce cycle.
« L’idée de cette pièce a d’abord été inspirée par une grande fresque que j’ai vue par hasard en 1973 au musée d’Histoire Naturelle de Los Angeles. Il s’agissait d’une représentation du "spectre d’ondes électromagnétiques", mouvement de la plus grande à la plus petite des longueurs d’onde mesurables connues. Hors de ce large spectre, il y a une zone minuscule, comprise entre un peu moins de 100 Hz et un peu plus de 10 KHz que les oreilles de certaines espèces qui peuplent la planète Terre ont transformés en "sons". Plus tard, j’ai découvert des parallèles intéressants avec plusieurs de mes réflexions sur Guillaume d’Ockham et son célèbre principe de "rasoir d’Ockham". [...] Enfin, vint le souvenir lointain d’une histoire de science-fiction que j’avais lue sur l’existence d’un océan mythique. Seul le titre est resté gravé dans ma mémoire, Rasoir d’Occam, ce qui explique l’origine de l’orthographe que j’ai choisie. Il semble en effet que l’océan nous permet d’être symboliquement en contact avec un assez large éventail d’ondulations vibrantes, qui s’étend des grandes houles des eaux profondes aux ondelettes étincelantes sur un beau jour d’été. C’est ce qui explique la ’structure’ d’ensemble du projet. Le mode de travail est basé sur une image individuelle illustrée et évoquée au sein de chaque solo. Chaque musicien est guidé par son image personnelle. [...] Ils deviennent les "sources". »
Éliane Radigue

16h - Solo, par Tomoko Sauvage
Ce concert, en partenariat avec Le Bon Accueil, propose une mise en parallèle entre la déclinaison plastique du travail de Tomoko Sauvage (exposition Hyalin, Le Bon Accueil, 16 janvier > 14 février 2016) et son projet scénique. Si Hyalin interroge l’aspect sonore du passage de l’état solide à l’état liquide de l’eau, c’est exclusivement sur l’aspect liquide que travaille Tomoko Sauvage dans ce solo pour ’waterbowls’, qui prend tout son sens au cœur de l’exposition L’Épais Réel.

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