La criée - bande noir

Fleuve

Dinahet Marcel /

2009

4 vidéos couleur, son
projections murales

Œuvre produite dans le cadre de l’exposition "1=3”,
27 février 2009 - 26 avril 2009

Production
La Criée centre d’art contemporain, Rennes

Marcel Dinahet, Fleuves, 2009 /photo:B Mauras

L’installation Fleuve présente quatre points de vue de Londres, filmés depuis la Tamise. Les images captées à différents moment de la journée laissent entrevoir le palais de Westminster, le quartier des affaires de la City, City Hall, où siège l’Assemblée Londonienne et le musée Tate Modern. Ces monuments architecturaux correspondent à quatre représentations du pouvoir : culturel, administratif, financier et politique et ont la particularité de tous se trouver près de l’eau. Il s’agit d’une caractéristique commune à des nombreux sites prestigieux et qui a retenu en particulier l’attention de Marcel Dinahet.

Pour réaliser ces images, Marcel Dinahet a effectué plusieurs séjours à Londres en repérage et s’est promené sur les bords de la Tamise à marée basse, découvrant ainsi les plages bordant le fleuve. Il a placé sa caméra dans un caisson étanche et l’a laissé flotté au fil de l’eau. On devine les différents moments de la journée, selon la lumière qui imprègne ces images "très picturales" : la brume du matin sur la Tate Modern, la tombée de la nuit près de Westminster. De même, le fleuve s’agite au passage des bateaux que l’on devine sans les voir. Par ce procédé de caméra embarquée à hauteur d’une ligne de flottaison, les vidéos provoquent une perte des repères et une forme d’instabilité au gré de la houle. Les bâtiments prestigieux en apparence très stables apparaissent à l’image comme portés, voire même gagnés par l’eau. Cette impression d’immersion est accentuée par le son amplifié sous l’eau.

Marcel Dinahet reprend ici un procédé expérimenté en 2000 avec les Flottaisons et plus récemment à Strasbourg. Ces œuvres laissent volontiers la place au hasard. Mais sa caméra, même laissée aux fluctuations de l’eau, n’est pas placée là sans raison. L’artiste filme un espace "entre-deux", entre eau et terre, "nature et culture" ; dans ces espaces cohabitent des éléments contrastés, aquatiques et architecturaux.

On peut percevoir cette série comme un travail sur le paysage, dans le sens où même si l’artiste laisse sa caméra suspendue au gré des flots, il choisit un point de vue. Dans cette série Fleuve, tout comme celle des Flottaisons, Marcel Dinahet approfondit son questionnement sur l’idée d’interface et de frontière.



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Médium : vidéo

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