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La criée - bande noir

Les Horizons

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Les Horizons

Les Horizons

14 mars 2014 au 11 mai 2014

Blaise Drummond, Feel Better, 2004, Huile et Glycéro sur toile. Collection particulière, France. Courtesy galerie Loevenbruck, Paris.

Scoli Acosta, Francis Alÿs, Taysir Batniji, Julien Berthier, Blaise Drummond, Larissa Fassler, Les Frères Ripoulain, Ann Veronica Janssens, Bertrand Lamarche, Józef Robakowski

La ville est le terrain de jeu de Courir les Rues et par là-même de Jan Kopp, artiste associé à cette saison 2013-2014 de La Criée.
Avec Sophie Kaplan il a imaginé Les Horizons, exposition collective qui rassemble onze artistes aux origines et parcours multiples et dont les œuvres – films, photographies, peintures, sculptures, dessins, installations – touchent à la fois à l’idée de ré-enchantement de la ville et à l’espace urbain comme lieu de conflits politiques, sociaux et/ou esthétiques.

« Au centre de Foedora, métropole de pierre grise, il y a un palais de métal avec une boule de verre dans chaque salle. Si l’on regarde dans ces boules, on y voit chaque fois une ville bleue qui est la maquette d’une autre Foedora. Ce sont les formes que la ville aurait pu prendre si, pour une raison ou pour une autre, elle n’était pas devenue telle qu’aujourd’hui nous la voyons. »
Italo Calvino, Les Villes Invisibles, 1972

Les Horizons est le nom d’un célèbre immeuble rennais de Georges Maillols. Construit en 1970 selon des modules géométriques simples, composé de deux tours jumelles de près de 100 mètres de haut, il est l’un des premiers immeubles de grande hauteur français.

Comme de nombreux autres, le nom des tours de Maillols est évocateur : de la Cité des Étoiles de Renaudie à la Cité Radieuse du Corbusier, c’est toute une utopie urbaine qui est en marche, portée par une architecture, mais aussi par une toponymie.

Cependant, les réalisations architecturales modernistes ont souvent mal vieilli et certains quartiers, à leurs débuts symboles de l’amélioration de l’habitat et du mieux vivre, se sont transformés en ghettos où se concentrent les problèmes économiques et sociaux. Le rêve est devenu un échec et ses noms des ironies.

Au-delà de cet ancrage moderniste, la ville toute entière et sous toutes ses formes est porteuse de réalités contradictoires : la plus grande richesse y côtoie la pauvreté extrême, et la plus grande beauté, la plus grise banalité. La ville est un Eldorado pour les migrants, mais pour beaucoup, elle se transforme en un lieu d’une misère encore plus grande. La ville est la cible privilégiée des bombes et le lieu de convergences des conflits, mais elle est aussi le lieu de tous les possibles, de la plus grande liberté.

De Kaboul à San Francisco en passant par Lodz et Nancy, les villes dont parlent les œuvres présentées dans l’exposition appartiennent à des réalités géopolitiques très différentes, cependant elles apparaissent toutes comme des espaces où tout du sous-sol au ciel est en mouvement et où tout est, d’une certaine manière, à portée de main.


Commissariat : Sophie Kaplan, directrice de La Criée centre d’art contemporain et Jan Kopp, artiste associé à la saison Courir les Rues


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