La criée - bande noir

Perigot Alexandre

Perigot Alexandre


PALAISPOPEYE

PALAISPOPEYE

7 avril 2006 au 4 juin 2006
Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud.

Production :
- La Criée centre d’art contemporain, Rennes
- Station mobile, Rennes
- 3 bis f - Lieu d’arts contemporains - Aix-en-Provence, premier module produit dans le cadre de l’exposition "Deuxième peau : Habiller la danse", octobre 2005 avec le soutien du Conseil Général des Bouches du Rhône

Performance du Groupe Saint-Augustin, alias Yves-Noël Genod et Jonathan Capdevielle, à l’occasion du vernissage de l’exposition le 7 avril 2006 à 18h30.

Commissaires d’exposition :
- Larys Frogier, directeur La Criée centre d’art contemporain
- Nathalie Travers, commissaire indépendante, présidente de l’association Station mobile, Rennes.

PALAISPOPEYE à perte de vue : un dédale de cloisons rotatives ou fixes convie le spectateur à une déambulation labyrinthique où la perte des repères spatiaux participe activement à la tentative de construction d’une image, d’un lieu, d’un topos à la fois familier et inconnu, étrange et troublant. Les parois sont recouvertes d’une image photographique unique, mais une photographie agrandie puis fragmentée en autant de parties pour investir l’ensemble des surfaces murales, soit 300m2 d’image.

PALAISPOPEYE fabrique de l’abîme : la photographie représente un décor de cinéma, un village entièrement construit sur l’île de Malte pour les besoins du film Popeye réalisé par Robert Altman en 1980. Cette photographie déployée dans l’espace et annexée au titre de l’œuvre, PALAISPOPEYE, génère un puits sans fond de références et d’images se renvoyant les unes aux autres : du paysage réel de l’île au décor de cinéma, du film de Robert Altman à la création cinématographique de Popeye en 1929 puis aux innombrables dessins animés, de la photographie d’Alexandre Perigot à ses différentes déclinaisons sous le titre Radio Popeye - impression sur bâche, livre, affichage ou billboard couvrant la façade d’un palais vénitien lors de la Biennale de Venise en 2003. Ces strates visuelles, ces images d’images dupliquent la fiction à l’infini, troublant ainsi toute prétention à la vérité d’une image.

PALAISPOPEYE à la renverse : l’architecture labyrinthique et le déploiement de l’image photographique donne au spectateur l’illusion d’habiter réellement l’image, d’en être le personnage central. Dans le même temps, le grossissement de l’image, sa matière pixelisée trouble la vision et, associée à la rotation des cloisons, provoque un vertige ou une sensation d’ivresse. A ce stade, l’image ne peut plus être maîtrisée du regard dans sa totalité, abandonnant son statut de représentation pour s’inscrire dans l’espace et dans le corps en fantasme.

PALAISPOPEYE, video in – video out : le dispositif subvertit radicalement la posture du spectateur, créant un retournement du video, c’est-à-dire de l’acte de voir qui ferait dire au spectateur : "Je vois". En effet, impossible pour celui-ci d’embrasser l’image d’un coup d’œil ou de la contempler comme il pourrait le faire dans une exposition de photographie. Le spectateur ne se trouve pas non plus devant un film composé de milliers d’images montées entre elles pour dérouler ou (dé)construire une histoire : ici, c’est une et une seule image qui prévaut, mais une image fragmentée à l’extrême, une image où l’unité génère le multiple, le rhizome, la combinaison. De fait, il y a de l’ob-scène dans l’image au sens où ce n’est plus le spectateur qui regarde l’image mais c’est l’image qui se décompose et se démultiplie pour mieux aveugler le spectateur.

PALAISPOPEYE ou comment déjouer le spectacle : le dispositif déambulatoire de PALAISPOPEYE peut se référer aux jeux vidéos dans lesquels le joueur s’engouffre par l’image dans un dédale de labyrinthes, d’impasses, de passages dérobés, ayant à la fois l’illusion d’en sortir et de s’y perdre. Ce rappel du jeu vidéo vaut surtout pour ce pouvoir de séduction inhérent à nos sociétés du spectacle. Alexandre Perigot s’approprie et détourne le spectaculaire, révélant en quoi le pouvoir de séduction par l’image est effectivement un pouvoir de contrôle sur l’autre. De fait, c’est toute la scène du monde contemporain qui transparaît dans PALAISPOPEYE : subrepticement, l’artiste questionne qui aujourd’hui produit et manipule les images, comment les appareils de pouvoir prétendent distraire à coups d’expositions ou de spectacles racoleurs, opérant par là un contrôle sournois des corps et annulant toute autonomie de jugement et de regard.

Larys Frogier

Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Florian Jounaud. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Benoît Mauras. Vue de l'exposition Alexandre Perigot "PALAISPOPEYE", 2006. Photo Benoît Mauras.
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Bio-bibliographie


Né à Paris en 1959
Vit et travaille à Byalistok et Paris

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