La criée - bande noir

$ Shot

Lacey Jennifer / Lauro Nadia / Cornell Erin /

2000

Choregraphy : Jennifer Lacey
Interpretation : Jennifer Lacey, Erin Cornell
Visual installation : Nadia Lauro
Music : Zeena Parkins

Events “Déplacer ”,
march 17, 2000 - april 9, 2000

Production
La Criée centre for contemporary art, Rennes

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« (...) Les deux danseuses - Erin Cornell et Jennifer Lacey - évoluent souvent à distance l’une de l’autre, parfois dans un contact fusionnel, sur de grandes poches de plastique remplies d’un liquide laiteux (mélange d’eau et de crème de beauté) conçue par l’artiste visuelle Nadia Lauro. Vêtues de shorts, de débardeurs/sweat-shirts et de sabots blancs, elles manipulent et entretiennent des rapports physiques intimes avec des coussins d’airs. Evoluant sur un sol instable et sur une improvisation sonore de la musicienne Zeena Parkins (manipulation de câbles, plastiques, ondes radiophoniques), elles procèdent par mouvements alternatifs et combinatoires d’états de stase, de fusion, de convulsion ou au contraire d’exploration lente des objets et de leurs propres corps - notamment l’expérience fondamentale du poids et du mouvement du bassin qui détermine le reste de la gestuelle du corps. Il faut aussi préciser la place des spectateurs qui sont assis au sol le long d’un des côtés des tapis laiteux, entretenant un rapport de proximité avec les corps en mouvement. Mais davantage qu’une proximité désirée, ce rapport particulier scène/public problématise l’ob-scène de la pornographie. L’ob-scène, c’est-à-dire l’en-deça de la scène, est ce qui annule le rapport scénique habituel d’une mise à distance suffisante du spectateur pour qu’il jouisse aisément de son statut de voyeur.

$ Shot déplace le dispositif pornographique, d’abord en annulant sa caractéristique première qui est la nudité explicite des corps engagés dans des rapports sexuels, puis en affirmant davantage l’ob-scène des corps qui s’exhibent et évoluent juste sous les yeux du spectateur, produisant un effet renversant du voir : je ne vois plus simplement mais je suis regardée de l’extérieur par ce qui se déroule sur la scène . Et ce qui s’y déroule n’a rien à voir au plaisir scopique masculin maîtrisant un objet de désir que serait le corps féminin. Mais plutôt, le déploiement du corps de femmes expérimentant des combinaisons inattendues aux objets renvoie chaque spectateur à ses propres limites ou possibilités de représentation du corps. »

Larys Frogier, "S’exposer, quand l’artiste dévisage la pornographie", in Catalogue Sous titrée X : la pornographie entre image et propos, Rennes : Edition P.U.R, 2001 (Collection Métiers de l’exposition)


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