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Lena
Goarnisson
Déplacements
17 mars 2000 - 16 avril 2001
- Déplacements,
impression offset sur papier 21x29,7 cm
information modulable sollicitant le public pour
devenir acteur du projet
17 mars 2000 - 16 avril 2001
- 40 plombs
pour Garlon L.60,
Sauilly Le Hameau, Juillet 1999
photographie couleur contrecollée sur aluminium,
60x80 cm
Accrochage durant l'exposition Juste au corps,
de la peau au vêtement
16 juin - 2 septembre 2000
- Déplacements,
2000
Texte sur papier 21x29,7 cm
Accrochage durant l'exposition Juste au corps,
de la peau au vêtement
16 juin - 2 septembre 2000
Production La
Criée centre d'art contemporain
Collection de l'artiste

"Déplacements
est un travail artistique entrepris depuis 1997.
La question de notre relation aux morts - et à
la mort en général dans notre société
contemporaine - a été choisie comme
point de départ d'une réflexion
collective(...) Ce projet installe dans le temps
un engagement mutuel. C'est un atelier ouvert,
où chaque relation engendre la particularité
d'une réponse.
La proposition est ainsi formulée :
1 - choisir dans son environnement quotidien un
événement dramatique ayant entraîné
la mort d'une ou de plusieurs personnes(...)
2 - recevoir chez soi un objet en plomb, une simple
tablette en mémoire de cette ou de ces
personnes disparues tragiquement.
3 - accepter de converser, de correspondre avec
l'artiste, de prendre le temps de créer
ses propres associations d'idées, d'images,
en relation plus ou moins directe avec cet événement.
4 - réfléchir ensemble à
trouver forme et trace de cette relation : soit
en élaborant une réponse, dérivée
des contenus de la relation engagée ou
d'événements quotidiens survenus
dans le temps de cette relation."
(présentation du projet dans le document
mis à disposition du public pendant une
année, et le sollicitant pour devenir acteur
du projet)
"
La relation qui m'a le plus permis d'exposer la
dimension politique du projet est le travail réalisé
avec Riwan Tromeur en Bourgogne. Il y a eu dialogue,
entente, et la commande d'une quarantaine de plomb
à installer chez lui, visibles sur la photographie
montrée à La Criée, est le
résultat d'un processus très élaboré.
Les morts choisis de façon éclectique
mais pensée viennent remplacer la mémoire
d'ouvriers usés par les conditions de travail
dans une usine dont l'artiste est propriétaire.
C'est une réponse au danger de transformation
ethnographique d'une usine classée au patrimoine
industriel de la Bourgogne : nous n'avons pas
réalisé un mémorial. Nous
avons trouvé une transposition contemporaine
de la manière dont les corps sont exploités
aujourd'hui, non pas au travail, mais dans l'expression
de conflits sociaux (crimes racistes, sexuels,
homicides idéologiques, crimes politiques,
suicides exemplaires). D'ailleurs, j'ai choisi
de faire figurer dans le dépliant publié
pour La Criée le cas d'un suicide politique,
celui de Human Bomb, Eric Schmitt, preneur d'otage
dans une maternelle de Neuilly, dont le maire,
Nicolas Sarkozy, était à l'époque
des faits, le 15 mai 1993, ministre. Eric Schmitt
a exposé, par son geste, son échec
social d'informaticien au chômage et a tenté
de responsabiliser les hommes politiques inféodés
aux lois du marché. Son pari a été
entendu puisqu'il a été éliminé
par le RAID sur ordre du ministre Charles Pasqua.
La mort de Eric Schmitt est une performance tragique,
minorisée en déséquilibre
psychologique ensuite par les médias.
Je fais en général cette lecture
de l'exposition publique d'un problème
dès qu'il y a passage à l'acte,
crime ou suicide. Toute transgression de la loi
éclaire la loi. Le terrorisme frappe au
hasard et les états organisent l'exemplification
de la mort."
(Lena
Goarnisson, entretien avec Larys Frogier)
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