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Pedro Pereira
Né en 1969 à Lisbonne
Vit et travaille à Rennes
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Expositions
personnelles (sélection)
| 2001 |
Installation, Blabar, Rennes
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| 1999 |
Le docteur Sousa Martins, Sida/tuberculose, Faculté de médecine, Lisbonne
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Expositions
collectives (sélection)
| 2003 |
Art envie, La Criée centre d’art contemporain, Rennes
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| 2000 |
Nonstopoppening, Z.D.B.,Lisbonne
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| 1999 |
Ce sont des roses seigneurs, affichage public quartier Bairro Alto, Lisbonne
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Interventions
| 2003 |
Identités et territoires, présentation de travail : cycle de conférences
La nourriture dans l'art
contemporain, Maison de quartier Maurepas, Rennes
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| 1994 |
Manœuvres de mai, présentation d'une collection, défilé de mode, Lisbonne
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FEL
2003
Bois, épices
1,70 X 1,22 m X 20 cm
Exposition Art Envie, 12 septembre – 24 octobre 2003
Production La Criée Centre d'art contemporain

L'œuvre de Pedro Pereira se compose des trois lettres F, E, L, réalisées en volume et recouvertes
de pan masala, un mélange d'épices indien. Dispersées dans l'espace, le spectateur en se déplaçant
provoque un jeu visuel avec les lettres. Il les déplace, en compose ou décompose le sens, les
assemble selon différentes combinaisons ; ainsi " Fel " qui signifie en portugais " amertume ", lu à
l'envers " LEF " évoque les initiales de la devise de la France " Liberté, Egalité, Fraternité ".
Selon le dictionnaire portugais / français, le terme fel comprend différentes significations ( fel s.m.
1.fiel, amer ; 2.bile ; encher de fel enfieller ; fazer-se de fel e vinagre se faire de la bile ; ser pomba
sem fel n'avoir point de fiel). Ici les référents sensoriels (le goût que laisse dans la bouche un
sentiment de déception, l'odeur des épices, leurs couleurs attrayantes, la matérialité de l'objet) sont
une manière pour Pedro Pereira de placer au centre de son travail l'expérience sensible et physique
de l'œuvre. Le jeu de lettres " FEL ", " LEF " stigmatise cette expérience, ici personnelle, mais
néanmoins collective, du déplacement et du déracinement, avec tout ce que ça implique d'espoir, de
nouveauté, de curiosité, et la confrontation à une réalité éloignée des grandes déclarations d'intention.
Alexandra Gillet |
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Sans titre (hommage)
2003
performance
tapis de pâtisseries portugaises
Exposition Art Envie, 12 septembre – 24 octobre 2003
Production La Criée Centre d'art contemporain)

Le pasteis de nata est un gâteau typiquement portugais qui existe depuis le XIXème siècle, réalisé avec de la crème fraîche et de la pâte feuilletée. Lors du vernissage de l'exposition Art envie, Pedro
Pereira en a recouvert le sol à l'entrée de la galerie sur une surface de 7 m2.
L'art de la pâtisserie est né au Portugal dans les couvents religieux : la recette du pasteis a été
confectionnée par les moines de Jeronimos. On comprend alors le geste de l'artiste comme un acte
évidemment symbolique, celui du don d'un élément propre à sa culture en signe de bienvenu. Mais ce
don demeure très relatif et paradoxal à travers le caractère obligatoire et systématique qu'il revêt,
puisque les visiteurs étaient contraints de manger pour pouvoir pénétrer dans l'espace.
Alexandra Gillet |
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Sans titre
2003
Brouillons de lettres, cendres, boîtes
18 X 8 cm chaque boîte
Exposition Art Envie, 12 septembre – 24 octobre 2003
Production La Criée Centre d'art contemporain)

A son arrivée en France, Pedro Pereira a envoyé, dans un français encore approximatif, de
nombreuses lettres de motivation et curriculum vitae dans des entreprises ou institutions.
Malgré son parcours et ses études supérieures, toutes ses demandes se sont soldées par des
réponses négatives. Sans titre présente 24 brouillons de lettres de demande d'emploi, et en dessous
de chaque cadre une petite boîte en plexiglas contenant les cendres du courrier de réponse.
Dans ce travail l'artiste évoque la recherche d'emploi comme une expérience commune et connue
de beaucoup, mais surtout la difficulté accrue pour une personne étrangère. Au delà, il pointe
également les difficultés d'intégration et de socialisation lorsqu'elles ne passent pas par le travail.
Cette situation est révélatrice d'un paradoxe comme le décrit Yves Michaud "même quand on habite le
déplacement, on ne peut être de nulle part… dans un monde où coexistent des facteurs de
déracinement et de métissage puissants et des facteurs d'enracinement toujours réels.1"
Alexandra Gillet
1. Yves Michaud, "Questions sur l'identité en art aujourd'hui : l'universel et le local", Colloque Culture croisées, Institut d'Etudes
supérieures des arts, Paris, 1998 |
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